Je suis fière d’être Coordonnatrice de projet

À l’âge de 30 ans, Shylah Nokusis était charpentière du Sceau rouge, ferronnière de deuxième année, et monteuse d’échafaudages de deuxième année. Elle avait traversé le Canada, lancé sa propre entreprise et payé sa maison. Elle avait réussi à mener une vie gratifiante; un succès qu’elle attribue à sa carrière dans les métiers de la construction.

Son aventure a commencé lorsqu’elle a suivi un cours préalable à l’emploi en charpenterie à l’école Saskatchewan Polytechnic. À l’époque, elle ne voyait pas beaucoup de femmes effectuer ces métiers, alors elle hésitait à s’inscrire.

« Quand j’étais jeune, j’ai toujours pensé que la construction était un milieu pour les hommes, et que les femmes n’avaient pas leur place », raconte Shylah. « Mais j’ai décidé de m’inscrire et j’ai immédiatement été acceptée. »

Peu de temps après, Shylah travaillait sur divers projets partout au pays, incluant des travaux de ferronnerie dans plusieurs Costco en Ontario, au Manitoba et en Colombie-Britannique. Par la suite, avec les compétences qu’elle a acquises sur le terrain, elle a lancé sa propre entreprise de négociation de contrats en Saskatchewan.

En tant que propriétaire autochtone d’entreprise, Shylah s’est engagée à prendre des contrats pour des réserves locales, dont celle où elle a grandi dans la Nation Peepeekisis Crie. Elle souhaitait montrer aux autochtones, et particulièrement aux femmes, que les métiers de la construction étaient un excellent choix de carrière. En fait, elle en a même embauché plusieurs de sa communauté.

« Beaucoup de femmes et de jeunes étonnés de voir une femme diriger sa propre entreprise de construction venaient souvent me poser des questions. C’est extrêmement important que les personnes autochtones sachent à quel point il est valorisant d’avoir une carrière en construction. »

Aujourd’hui, Shylah continue d’être un modèle dans sa communauté en tant que coordonnatrice de projet au Bureau de formation des femmes apprenties en Saskatchewan. Dans ce poste, elle établit des relations avec des syndicats, des organismes de formation, des organismes gouvernementaux et des communautés autochtones pour aider les femmes à commencer et à développer leur carrière en construction.

« Je suis si reconnaissante de pouvoir aider d’autres personnes », explique Shylah. « À mes yeux, ce n’est même pas un travail. Je suis payée pour faire quelque chose que j’adore. »

Choisir de travailler dans le secteur de la construction a apporté à Shylah une indépendance financière, un sentiment d’accomplissement et bien plus. Et maintenant, elle veut montrer à autrui qu’elles et ils ont aussi cette possibilité.

« Lorsque j’ai grandi, c’était l’Université ou rien. Je pense que les gens devraient voir les choses différemment. En faisant un métier spécialisé par exemple, tant de portes peuvent s’ouvrir. Plusieurs chemins mènent au succès. »